Alma Garzo
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Alma Garzo
  • À Paris, il existe des présences que l’on croise chaque jour sans vraiment les voir. Des femmes et des hommes qui veillent sur les immeubles, assurent leur continuité, maintiennent un ordre discret.

    Ces présences sont, très souvent, issues de l’immigration. Il y a, dans chaque loge, une lumière qui ne s’éteint jamais complètement. Une présence attentive, qui connaît le rythme des allées et venues, les habitudes des habitants, les silences et les absences.

    Cette présence, je l’ai connue intimement. Elle a le visage de ma grand-mère. Comme beaucoup d’autres, mes grands-parents ont quitté leur pays d’origine pour venir travailler en France. Ils ont occupé un emploi discret, essentiel, rarement mis en avant : gardiens d’immeuble.

    Ce projet est né de cet héritage migratoire. En photographiant des gardiens et des gardiennes d'immeuble issus de l’immigration à Paris, je cherche à interroger la place que ces personnes occupent dans la ville : toujours présentes, mais rarement visibles.

    La loge devient alors un point d’ancrage. Un lieu où s’entremêlent travail, intimité, mémoire et trajectoire migratoire.


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  • Mes grands-parents ont quitté l’Espagne au début des années 1970, fuyant la pauvreté et le manque de travail.

    Comme beaucoup d’autres familles immigrées, ils arrivent en France sans maîtriser la langue, avec l’espoir d’une vie plus stable. Le travail qu’ils trouvent est discret, peu valorisé, mais indispensable. La loge devient à la fois leur logement et leur lieu de travail.


    Ce lieu marque leur entrée dans la ville. Une manière d’habiter Paris sans
    jamais vraiment en être au centre. Aujourd’hui encore, ils vivent dans cette loge. Elle est le témoin d’un parcours migratoire fait de constance, de
    sacrifices et de transmission.

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  • À Paris, la loge est un espace à part. À la fois lieu de travail et lieu d’habitation.

    Pour beaucoup de gardiens et gardiennes issus de l’immigration, elle représente un point d’ancrage dans la ville, un logement accessible, mais aussi une forme de dépendance au travail.

    On y vit autant qu’on y travaille. On y veille autant qu’on s’y repose.

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  • Olivia arrive dans cette loge à dix-huit ans. Née en France, elle a grandi entre deux pays, entre la culture française et portugaise. Très tôt, elle travaille. La loge devient à la fois un emploi et un cadre de vie. Elle y élève ses enfants, organise son quotidien, construit une stabilité.

    Ici, tout est mêlé : le travail, la famille...
    Les jours se ressemblent, rythmés par les mêmes gestes, les mêmes allées et venues. Avec les années, la fatigue s’installe. La ville change, les conditions aussi. Ce qui était un équilibre devient parfois une contrainte.

    Aujourd’hui, Olivia attend la retraite. Non pas comme une fin, mais comme une possibilité de partir. Quitter la loge, pour retrouver un espace à elle.

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  • Paula est arrivée en France en 1986 depuis le Portugal.
    Comme beaucoup de personnes immigrées, elle enchaîne d’abord les emplois précaires avant d’accéder à un poste de gardienne.

    Cette place, elle l’obtient grâce à un proche. Le travail circule souvent par les réseaux, par la confiance, par les liens entre personnes venues d’ailleurs.

    Dans la loge, Paula trouve une stabilité rare. Mais cette stabilité repose sur un travail constant, exigeant, souvent peu reconnu.

    Être gardienne, c’est tout faire : surveiller, nettoyer, distribuer, répondre, gérer. C’est aussi être disponible, parfois au-delà des horaires, parfois sans réelle séparation entre vie privée et travail.

    Malgré cela, elle revendique sa place. Elle connaît son immeuble, ses habitants, son rôle.

    Dans un parcours marqué par la précarité, cette stabilité devient une forme de réussite. Une place construite, et tenue, jour après jour.

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  • Yvonne est arrivée en France à vingt-cinq ans, depuis le Cap-Vert. Elle était venue pour quelques semaines. Elle n’est jamais repartie.

    Comme beaucoup de personnes arrivées sans repères, elle commence là où elle peut : garder des enfants, rendre service, accepter les opportunités qui se présentent. Le métier de gardienne d’immeuble entre dans sa vie presque par hasard, à travers un remplacement.

    Elle y découvre quelque chose qui lui ressemble : le lien aux autres. Formée comme infirmière dans son pays, elle retrouve ici une manière différente de prendre soin.

    Dans la loge, Yvonne observe, écoute, aide. Elle connaît les habitudes, les visages, les silences. Sa présence est constante, discrète, mais essentielle.

    Dans un parcours marqué par le déplacement, elle a trouvé un point fixe.
    Un lieu où exister, durablement.

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  • Erick est né au Pérou et est arrivé en France à l’âge de cinq ans. Depuis, son parcours n’a jamais été linéaire.

    Il enchaîne les expériences : formation d’éducateur sportif, service militaire, garde du corps, agent de maîtrise, restaurateur à Barcelone... À chaque étape, il s’adapte, apprend, recommence.

    Comme beaucoup de personnes issues de l’immigration, il construit sa trajectoire dans le mouvement, entre opportunités et ruptures.

    Aujourd’hui, il travaille comme gardien d’immeuble. Un métier qu’il connaît déjà, qu’il reprend, presque comme un point d’appui.

    Mais chez lui, rien n’est figé. La loge n’est pas une finalité. C’est une étape de plus, dans un parcours qui continue de se réinventer.

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  • Le métier de gardien d’immeuble offre une forme de stabilité, mais il s’exerce souvent dans des conditions difficiles : loges exiguës, espaces contraints, absence parfois de sanitaires, tâches discrètes mais essentielles.

    Ces réalités concernent de nombreuses personnes, souvent issues de l’immigration, qui assurent au quotidien le fonctionnement des immeubles et, plus largement, celui de la ville.

    À travers ces portraits, ces gestes et ces lieux, ce projet cherche à déplacer le regard.
    Montrer ce qui est habituellement invisible, rendre compte des conditions de vie et de travail, et donner une place à celles et ceux qui, dans l’ombre, participent à faire tenir la ville debout.

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